Vernissage Expo photo INDTUITIONS par Marine Bardin

6:30 PM

5th November 2016

vernissage, exposition, photo, inde

 

14446264_10210158644379988_1901708834_oL’air ambiant y est un savoureux mélange d’encens, de patchouli, de bouse et d’épices rôties.

Les klaxons intempestifs rejoignent le concert de clochettes, flûtes et tambours, prières beuglées dans des haut-parleurs, chansons Bollywood et autres joyeusetés ponctuées de crachats et reniflements sur 6 octaves. Le brouillard crasse qui surplombe la capitale s’estompe à mesure que l’on s’enfonce dans la campagne ; il dévoile une nouvelle lumière dans laquelle évolue une autre Inde. Car malgré la taille de ses mégalopoles, l’Inde est un pays de villages.

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Ce sont ces deux mondes – l’urbain et le rural – avançant côte à côte comme les rails de ces chemins de fer qui sillonnent le pays sans jamais se croiser que j’ai voulu montrer: l’Inde des villes et l’Inde des campagnes, opposées, complémentaires, séparées par des siècles de traditions qui délimitent un cadre culturel d’un côté et régissent chaque détail de la vie quotidienne de l’autre.

Le pays s’appréhende à travers de multiples prismes : la religion, la langue, la culture, les états, les villes et les champs… Mais il serait impossible d’en parler comme d’un tout homogène, d’affirmer quoi que ce soit tant la réalité y est plurielle, la raison empreinte de spiritualité et les repères changeants. Il faut s’y rendre sans a priori, en acceptant l’idée que ce que l’on avait décidé puisse être bouleversé et que la seule chose à laquelle on puisse se raccrocher dans ce bouillonnant bazar soit son instinct.

L’Inde est comme une photo qui serait techniquement imparfaite mais intuitivement magnifique : trop saturée, trop contrastée, écrasée par un bruit constant et qui pourtant, fascine.

Vernissage samedi 5 novembre 2016 à partir de 18h30.

Exposition du 5 au 27 novembre, entrée libre (du mercredi au samedi de 12h à 21h et le dimanche de 10h30 à 19h).

Plus d’infos

 EN

The ambient air is a savoury mix of incense, patchouli, cow poo and roasted spices.

The constant and untimely horns join the concert of bells, flutes and drums, with prayers hollered from loudspeakers, Bollywood songs and other joyful noises punctuated by sputum and six octaves of sniffing. The dirty fog that hangs over the city slowly fades in the countryside. It reveals a new light in which another India lives. Because despite the importance of its megacities, India is a country of villages.

These two worlds – the urban and the rural, evolving side by side like the parallel railway lines that criss-cross the country – are what I wanted to show: the urban India and the rural India, opposite and yet complementary, separated by centuries of traditions that both define a cultural frame and regulate each detail of the people’s daily life.

 The country can be tackled through multiple prisms: the religion, the language, the culture, the states, the town and the countryside… But it would be impossible to talk about it as a homogeneous ensemble; impossible to affirm anything, given how plural the reality is, how spiritual the reason is and how shifting the benchmarks are. Going to India means giving up on presumption and accepting the idea that what was once decided and stable may be turned upside down, and that the only thing on to which one can hold on to in this ebullient mess, is one’s instinct. 

India is like a picture that is technically imperfect but intuitively beautiful: a picture with over-saturated colours, too much contrast and constant noise; but nonetheless it’s a fascinating photo.